Avant la révolution de 1789, la vie des femmes et des hommes de notre région était difficile. Si l’on fait exception de quelques nantis, c’était le règne de la pauvreté qui d’ailleurs était une " pauvreté-habitude ", ancrée dans la vie et cœur des gens depuis des siècles. Il est bien certain que cet état de dénuement des grandes masses semblerait insupportable à notre époque. Tout évolue, même le sentiment de pauvreté.
Les mauvaises récoltes, certaines années, provoquaient la disette. Il s’ensuivait souvent des épidémies qui frappaient les plus faibles. La mortalité était énorme dans les classes pauvres. Les gens qui n’avaient pas un travail assuré en étaient souvent réduits à la mendicité et, de ce fait, étaient plus ou moins pourchassés.
Il y eu bien des tentatives humanitaires pour les aider sous la forme de l’aumône avec la participation des communautés religieuses et quelquefois même du roi. C’était insuffisant.
La concentration de la vie économique se fit à La Villedieu et au Pairé, puis plus tard à La Crèche. Les villages de Boisragon, de Drahé et de Fenioux étaient très actifs également et on y trouvait implantés de nombreux corps de métiers.
Laboureur à bras et bordiers … importance de la communauté agricole
Il était bien naturel de trouve sur cette terre généreuse, une prédominance de l’agriculture. C’était incontestablement la vocation première de notre commune.
Ainsi y trouvait-on toute la hiérarchie des travailleurs de la terre. Selon la superficie à cultiver, et dans l’ordre croisant, on était " laboureur à bras ", " laboureur à charrue " ou " laboureur à bœufs ". C’était la profession la plus répandue et on en comptait pas moins de 74, au moment de la première république. Dans le même temps, on dénombrait 22 bordiers qui exploitaient des fermes de peu d’importance ou borderies. Si l’on ajoute les fermiers locataires des domaines ou des biens d’église, et qui n’exploitaient pas eux-mêmes, les journaliers et domestiques de fermes, on arrive au chiffre approximatif de 160. Avec 5 à 6 âmes par foyer, ce qui était dans les normes à cette époque, on a une idée de l’importance de la communauté agricole crèchoise au dix-huitième siècle, soit environ 880 personnes vivant de la terre pour une population globale de seulement 1535 habitants.
Activité artisanale, les métiers du bâtiment
L’activité artisanale était importante. Prenons par exemple les métiers du bâtiment. Il y avait 6 maçons et 6 tailleurs de pierre. Les 2 métiers étaient souvent complémentaires : on était alors " maçon-tailleur de pierres ". La pierre de construction était souvent extraite sur place, en sous-sol. Ces carrières formaient des galeries qu’on évidait en ménageant des piliers de soutènement. On entend souvent parler de souterrains mis à jour au cours de tel ou tel travail de terrassement. Il s’agit bien souvent de ces carrières appelées " souterrains " par erreur. Elles servirent aussi d’abri pendant les troubles des guerre de religion. Il existait aussi des carrières à ciel ouvert comme celle des Jeunes Vignes de Saint-Palais dont la falaise montre toujours les bancs de pierre qui servirent à la construction du viaduc. On trouvait aussi des carrières de sable à mortier comme les " Sablières " de Brelou.
L’autre grand métier de la construction était le charpentier. On n’en comptait pas moins de douze au pays. Il est vrai que la charpente avait une importance qu’elle a aujourd’hui perdue. Hors le toit, le charpentier avait pour tâche la séparation en niveaux puisque tous les planchers reposaient sur des poutres de bois.
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